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Quelle norme pour son casque de sport ?

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De nombreux sports de pleine nature exposent à des risques de chute ou de choc avec des obstacles divers et variés. Pour limiter les accidents et les blessures, les autorités, les fédérations et les fabricants d’équipement de sport en sont venus à mettre au point un cahier de test physique que doit passer tout Élément de Protection Individuel (EPI). Il en va ainsi pour tous le casque de sport outdoor utilisé aussi bien pour le vélo de route, pour le VTT, pour le parapente, le ski alpin, le ski de randonnée, l’escalade ou encore l’alpinisme.

En France les normes sont éditées par l’AFNOR (Association Française de Normalisation) mais désormais les normes les plus importantes sont les normes européennes rédigées par le CEN (Comité Européen de Normalisation).

Chaque EPI doit ainsi respecter scrupuleusement le cahier des charges de la norme. Ainsi les casques de sport sont testés en laboratoire avant mise sur le marché. Pour chaque casque de sport on joue toute une batterie de test allant de différents types de chocs, de chutes, de perforations au vieillissement du plastique sous rayon UV. Une fois que le produit a réussi l’exercice il peut être mis en vente en Europe avec la norme testée.

Ski alpin, snowboard, ski de randonnée, parapente, équitation, vélo de route, vtt, escalade, alpinisme, kayak, on vous dit tout sur les normes des différents types de casques de sports qui existent sur le marché.

normes des casques de sport
Les différents casques de sport

Quel casque de sport choisir suivant sa pratique ?

Chaque pratique sportive possède ses spécificités et ses risques. Voilà pourquoi le législateur a prévu des normes pour chaque type d’activité sportive. Un casque d’alpinisme ou d’escalade sera davantage conçu pour résister à un choc venant du haut lors d’une chute de pierre, un casque de vélo tiendra compte du dégagement du champ de vision et d’une chute au sol. Un casque de ski lui prendra en compte une chute sur une surface gelée et le risque de perforation d’une pointe de bâton de ski et ainsi de suite pour chaque sport.

Il est donc très important d’investir dans le casque de sport correspondant à votre activité du moment. Si vous pratiquez plusieurs sports très différents il vous faudra acheter plusieurs casques de protection pour être bien protégé.

La bonne taille d’un casque de sport c’est un casque ajusté à son tour de tête !

On peut bien avoir le casque de sport dernier cri, s’il n’est pas attaché avec une sangle jugulaire il ne servira pas à grand chose en cas de besoin. Au moindre choc il s’envolera et ne vous protégera plus.

Il est donc crucial de choisir un casque à la taille de sa tête qu’on peut serrer sous le menton afin que ce dernier ne puisse pas bouger lors d’une chute. Désormais pour faciliter les choses, les fabricants de casque de sport intègrent très souvent un système de réglage à l’arrière du casque. Ce système de molette permet d’agrandir ou de réduire le volume intérieur du casque pour obtenir en quelques secondes la taille parfaite par rapport à son tour de tête.

Et bien sûr il faut toujours bien verrouiller la sangle jugulaire. L’idée est bien sûr de ne pas serrer trop fort pour finir avec un garrot mais plutôt de trouver le bon compromis entre un serrage trop lâche et un serrage trop puissant. Prenez donc quelques secondes pour ajuster la longueur de votre sangle jugulaire afin que votre casque soit bien plaqué à votre tête.

Norme casque de ski alpin et de snowboard

Les casques de ski alpin, de surf des neiges et de snowboard doivent répondre à la norme EN 1077.

Cette norme se divise elle même en deux sous catégories :

  • La norme EN 1077 A : le casque protège la tête, les tempes, et les oreilles avec une coque rigide intégrale
  • La norme EN 1077 B : bien plus répandue de nos jours, cette norme de casque de ski Classe B propose des protections d’oreille amovibles qui se dé-clipsent facilement. On peut ainsi adapté son casque aux conditions du moment. S’il fait chaud on gagne en aération, s’il fait froid on remet les oreillettes pour plus de chaleur.
norme casque ski alpin

Quoiqu’il en soit la norme générale EN 1077 (classe A ou classe B) est tenue de respecter deux critères majeurs ci dessous :

  • Une protection efficace du crane en cas de choc à 20 km/h.
  • Une protection efficace en cas de pénétration d’une point de bâton, ou tout autre objet pointu.

Détail de la protection du casque de ski en cas de choc :

Le casque d’un skieur lancé à 20 km/h doit résister à deux impacts consécutifs minimums tout en absorbant un maximum d’énergie. L’accélération subie par la boite crânienne et le cerveau ne doit jamais dépasser les 250 G (250 fois la gravité terrestre) en instantané.

Au delà de cette valeur de référence, les lésions cérébrales sont considérées comme irréversibles. Pour éviter d’atteindre cette limite physiologique, les grands fabricants de casque de ski proposent différents technologies comme MIPS ou encore KOROYD qui permettent de répartir et de diffuser l’énergie du choc.

La protection du casque face à la perforation :

Un casque de ski et de snowboard doit empêcher tout objet pointu (bâton, branche, piquet) de percer la coque et de rentrer en contact avec la tête à une vitesse de 10 km/h.

casque de ski alpin
Norme casque ski alpin

Le casque de ski FIS pour la compétition

Quand on se met à la compétition de ski qui impose de prendre un maximum de vitesse et de flirter avec les limites du possible comme le Super G, le slalom Géant et le ski de descente les instances sportives imposent l’utilisation d’un casque homologué FIS RH2013. Ce type de casque de ski FIS offre une protection plus poussée par rapport à la norme de base EN 1077. Un casque FIS RH2013 doit par exemple résister à la pénétration de tout objet pointu à une vitesse d’impact de 21 km/h contre 10 km/h pour un casque de ski grand public.

Norme des casques d’alpinisme et d’escalade

Qu’on gravisse une montagne en alpinisme ou une falaise en escalade le risque de choc vient le plus souvent du haut avec des chutes de pierre ou de bloc de glace. Les casques d’alpinismes et les casques d’escalades sont donc renforcés sur le dessus au niveau de la calotte et répondent à la norme EN 12492,

Pour qu’un casque de montagne passe les tests d’homologation il doit offrir une protection efficace de la tête pour une chute de pierre de 5kg tombant de 2 mètres. Les casques EN 12492 offrent également une aération généreuse pour éviter la surchauffe en été ou lors d’efforts intenses

casque alpinisme 1
Norme casque d’alpinisme

Quel casque de sport choisir pour la via ferrata ?

Les casque de via ferrata sont confrontés aux mêmes exigences que les casques d’escalade. Ils doivent donc être normalisés CE EN 12492 pour prévenir les chutes de pierres verticales et offrir une bonne ventilation.

casque de via ferrata
Norme casque de via ferrata

Les casques de ski de randonnée ont ils une norme ?

En ski de randonnée, les risques encourus regroupent à la fois les risques de l’alpinisme avec des chutes de pierre et de glace et les risques du ski alpin à la descente avec des chutes au sol possibles. Un casque de ski de randonnée peut donc répondre soit à la norme EN 1077 soit à la norme EN 12492. Dans la pratique les ascensions en ski de randonnée et en peau de phoque sont si intenses physiquement qu’il est préférable de choisir un casque d’alpinisme généreusement ventilé qui évitera de surchauffer.

Malheureusement les casques d’alpinisme sont avant tout conçus pour résister à des chocs venant du dessus. Ils protégeront donc moins effacement en cas de choc latéral ou arrière lors d’une chute les skis aux pieds.

Pour répondre à cette problématique, Petzl à mis au point sa propre certification : la Protection TOP and SIDE. Cette certification Petzl reprend les principes de base de la norme alpinisme EN 12492 et renforce la protection au niveau des zones frontales, latérales et arrières. C’est actuellement la certification la plus aboutie et la plus exigeante pour la pratique du ski de randonnée.

Le casque de ski alpinisme double norme

Les casques double norme ski alpinisme (aussi appelés casque bi-norme) regroupe la norme de ski alpin EN 1077 et la norme d’escalade/alpinisme EN 12492 sur un même produit. Ces casques offrent une très bonne protection à 360°. En contre partie les casques ski alpinisme double norme sont un peu plus lourds et moins respirants que des casques d’alpinisme.

On retrouve dans cette catégorie par exemple les modèles Scott Couloir 2, Camp Speed 2, Camp Amour, Salomon MTN Lab ou encore le casque Uvex P 8000.

Les casques triple norme

Vous cherchez un casque de sport homologué à la fois pour le ski alpin, l’escalade et le vélo ? Alors essayez le casque triple norme. Ce type de casque répond à la fois à la norme EN 1077, EN 12492 et en plus à la norme vélo CE EN 1078. Cette dernière norme est également homologuée pour les sports de planche à roulette autrement dit pour le skateboard et le roller.

Pour finir quel casque de ski choisir ?

Si vous pratiquez le ski alpin ou le snowboard en loisir, il vous suffira de vous équiper d’un casque à la norme EN 1077. Il vous protégera des chutes en tout genre sur les pistes ou en hors piste ainsi que des collisions avec les autres pratiquants.

Si vous êtes plutôt adepte du ski de randonnée il vaut mieux privilégier la légèreté en avec un casque normé EN 12492 ou un casque PETZL certifié ski de rando.

Si vous pratiquez les deux sports soit vous investissez dans deux casques différents pour un confort maximum soit vous misez sur un casque double ou triple norme plus polyvalent.

Pourquoi le casque de ski n’est pas obligatoire sur les pistes ?

En France il n’est en effet pas obligatoire de porter un casque de protection quand on va skier en station de façon autonome. On peut encore ainsi profiter des sensations historiques de skier les cheveux au vent ou avec un simple bonnet. Mais à la différence des années 60, la fréquentation des stations de ski est telle que l’un des risques majeurs de nos jours n’est plus forcément la chute mais la collision avec un autre skieur. En 2019, 25% des blessures à la tête étaient dues à une collision. Le casque de ski est donc un équipement de protection incontournable pour dévaler les pistes avec un maximum de sécurité.

Si vous prenez des cours en école de ski un casque homologué vous sera demandé obligatoirement.

La norme des casques de parapente CE EN 966 :

Quand on fait du parapente ou du deltaplane un casque de protection s’impose. Le casque de parapente doit être normé CE EN 966. Cette norme a été élaborée pour absorber les chocs en cas d’impact avec le sol lors des phases toujours délicates de décollage ou d’atterrissage. Le casque de parapente n’est pas obligatoire dans une pratique libre mais il le sera pour toute compétition ou pour un stage en école.

La norme actuelle du casque de vol libre est la CE EN 966+A1 mise à jour en 2013.

Avec un casque CE EN 966 vous pouvez aussi bien faire du parapente que du deltaplane ou de l’ULM. Un tel casque doit résister à une chute de 1,5 mètre de haut sur différentes surfaces(plate, ronde, pointue).

Cette norme assure également un bon vieillissement de la coque suite à l’exposition répétée aux rayons ultra violets.

casque de parapente
Norme casque de parapente

La norme des casques de vélo de route et de VTT

En France la norme en vigueur pour tout ce qui est vélo de route, VTT, roller et skateboard est la norme EN 1078+A1(mise à jour en 2013).

Cette norme garantit que le champ de vision est optimal, que l’attache jugulaire est efficace en cas de chute et que le casque de vélo résiste bien à une chute au sol de la hauteur d’un cycliste.

La norme EN 1078+A1 s’adresse aussi aux utilisateurs de vélo à assistance électrique (VAE) bridés à 25 km/h.

Pour les speed bike électriques dépassant les 25 km/h la norme change et il faudra investir dans un véritable casque de cyclomoteur normé ECE 22.06 depuis le 1er juillet 2022.

casque de velo
Norme casque de vélo

Quelle norme pour un casque d’équitation ?

Jusqu’en 2014 la norme pour un casque d’équitation ou une bombe était la norme EN 1384. Cette norme a été remplacée par la nouvelle norme CE VG1 01.040 2014-12 d’origine britannique.

Cette nouvelle norme de casque d’équitation datant de 2014 apporte les évolutions suivantes :

  • Une plus grande rigidité latérale de la bombe
  • Une calotte intérieure plus grande
  • Une visière plus courte pour éviter les blessures au visage en cas de casse de la visière
  • Des points de fixation plus serrés pou un maintien du casque bien plus efficace
  • La suppression de la mentonnière qui pouvait provoquer une fracture de la mandibule

Quelle norme pour les casques de parachutisme ?

Si vous êtes un parachutiste autonome doté du Brevet de Parachutisme Autonome (BPA) vous n’avez pas d’obligation de norme. Vous pouvez sauter en parachute avec ou sans casque comme bon vous semble.

Si par contre vous êtes encore en école et que vous ne possédez pas le BPA il faut alors respecter les directives de la Fédération Française de Parachutisme à savoir la DT 39 qui impose l’utilisation d’un casque normé CE EN 966 sport aérien. Cette DT 39 sera remplacée en 2024 par la nouvelle DT 51 qui introduira la norme AFNOR XPS 72-600

Cette nouvelle norme pour casque de parachutisme XPS 72-600 sera plus stricte que la CE EN 966 en particulier sur les points suivants :

  • Les suspentes ne doivent pas pouvoir s’accrocher au casque
  • Aucune arête tranchante ne doit pouvoir couper les suspentes
  • Le casque doit résister à un choc contre à un poids de 10kg lâché à 25cm
  • Le casque doit résister à une chute de 1,5m et à un impact à une vitesse de 5,4m/s
  • Les sangles de serrage ne doivent pas se déformer exagérément en cas de traction
  • On doit pouvoir se libérer du casque facilement avec une seule main lorsque celui ci est tracté avec une force de 50 kg. (Par exemple en cas d’accrochage dans un arbre par le casque)
  • Les matériaux des casques de parachutisme doivent rester stables sur une plage de température de -20 à +50°C , et doivent résister à l’épreuve de vieillissement artificiel aux UV.

Quel casque pour les sports d’eau vive ?

La pratique du rafting, du canoë, du kayak ou de l’hydrospeed nécessite l’utilisation d’un casque de sport nautique homologué CE EN 1385:2012 pour les cours d’eau de classes 1 à 4. Ces casques d’eau vive sont également employés pour tous les sports de planche comme le kite surf ou le wakeboard.

casque canoé kayak

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